Créer un site internet

Quelques données historiques

aapa Par Le 07/07/2013 0

Dans Données historiques

C'est à partir début du XVIIIe siècle que la fréquentation de la rade de Pointe-à-Pitre commence pour ses qualités de mouillage pendant l'hivernage. À partir de 1765, et de l'établissement de la ville nouvelle de Pointe-à-Pitre sa fréquentation s'accèlère ... la période de la Révolution puis de l'Empire confirment le rôle principal du port qui devient un centre pour la course guadeloupéenne ...

Si les qualités du mouillages sont reconnues, elles n'empêchent pas la destruction de nombreux navires lors des ouragans de 1776 ou de 1825 ... Par contre ses qualités d'accès ont tout au long de l'histoire de Pointe-à-Pitre posé problème. Plusieurs naufrages sont liés à ces problèmes d'accès ou de sortie via la passe de Pointe-à-Pitre. La Didon une frégate de 35 canons s'échoue en 1793 au cours de l'accès au port. En juin 1824 le navire de commerce du Havre le France s'y perd à cause de la mauvaise qualité des infrastructures de halage.

rapport-de-mer.jpg

C'est au capitaine Girard que l'on doit le triste récit de ce naufrage. Ce texte est conservé aux Archives Nationales d'Outre-Mer à Aix en Provence. En voici un résumé :

Le navire s'apprêtait, dès 7 heures du matin, à reprendre la mer pour rejoindre Savannah (États-Unis) afin d'y livrer sa cargaison. C'est le pilote assermenté Valentin qui devait effectuer la sortie de la passe de Pointe-à-Pitre. Le navire, ancré au second corps mort, devait être hâlé jusqu'au 3ème puis au 4ème corps mort afin de sortir de cette périlleuse passe étroite d'une encablure, soit une trentaine de mètres seulement. Le vent s'étant levé, le pilote préféra attendre le milieu de l'après midi pour effectuer cette opération. Il fallut six heures de halage afin de s'amarrer enfin sur le 4ème corps mort, appelé bouée d'appareillage et situé à la pointe de l'îlet Cochon. Trois embarcations équipées de 18 hommes au total assistaient le navire dans cette progression. Subitement, au moment où le navire allait lever ses voiles afin de larguer ses amarres, l'ancre du corps mort céda et il fut projeté sur les récifs qui arrachèrent la fausse quille. L'eau s'engouffra et tout le monde s'activa pour écoper, qui avec les pompes, qui avec les seaux. Un fanal fut hissé afin d'alerter les autorités portuaires, les embarcations de sauvetage furent mises à la mer.

À une heure du matin, M. le vicomte de Turpin, le capitaine du port, arriva sur les lieux en compagnie de trois capitaines de bateaux de commerce présents, sur plusieurs petits bateaux bien armés. Le France avait été amarré à une nouvelle bouée à l'est, et une partie de sa cargaison et de ses gréements jetés par-dessus bord mais sans succès : l'eau continuait à monter. Une ancre, un câble et des pompes furent demandés en vain à M. de Turpin: le port ne disposait d'aucun matériel de secours, ni aucun des bâtiments présents dans la rade. À deux heures du matin, la mort dans l'âme, l'équipage dégréa les mâts et déposa les voiles, puis réussit à débarquer une partie de la cargaison. Le procès-verbal d'usage du naufrage fut dressé à 7 heures du matin, les officiers de l'amirauté vinrent dès 8 heures afin de constater les faits. Le renflouage du navire excédant sa valeur, celui-ci fut vendu à l'encan et adjugé dans les 24 heures, coque et mâts ainsi que sa cargaison.

Il fut avéré que la bouée d'appareillage qui n'avait pas servi depuis des années ne pouvait accueillir un navire de ce tonnage. Le capitaine Girard et les trois capitaines qui tentèrent de l'assister ne purent que déplorer l'absence totale de moyens portuaires, bien que Pointe-à-Pitre fut l'un des lieux les plus fréquenté des Antilles. Le 4ème corps mort, inefficace bien qu'indispensable, ne fut d'ailleurs pas restauré...

C'est vraissemblablement les vestiges de ce navire qui font l'objet de nos recherches dans le cadre de ce projet ...

Les commentaires sont clôturés