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D'îles en îles

Ce projet de l’Association Archéologie Petites Antilles vise à mettre en œuvre une démarche d’archéologie sous-marine commune sur deux sites archéologiques à proximité d’îlets de l’archipel guadeloupéen. Le projet concerne un îlet dans le Grand Cul-de-Sac Marin et un îlet du Petit Cul-de-Sac Marin. Il s’appuie sur des déclarations  transmises au Affaires maritimes de la Guadeloupe en copie au Drassm lors des années précédentes. Les observations réalisées sur ces deux sites ont montré un potentiel archéologique matérialisé par la présence de pierres de lest et de mobilier archéologique d’époque coloniale. Il s’agira d’établir si le mobilier et le lest présents à proximité de ces îlets sont issus d’un naufrage ou de leur occupation attestée par des recherches en archives. Sans être écartée l’hypothèse d’une zone de carénage peut être envisagée. De plus, il est avéré que la taille de ces îlets s’est réduite depuis le XVIIIe siècle, évolution pouvant suggérer une habitabilité plus importante par le passé. Les zones envisagées pourraient très bien avoir été émergées à la période amérindienne. Aussi, un axe de ce projet s’intéressera à l’évolution géomorphologique et bathymétrique du secteur.

 

 

Ceux-ci ont été réalisés avec un aspirateur à sédiments dont les rejets ont été filtrés afin de permettre le tamisage et le tri des rejets. De nombreux artefacts ou restes de faunes ont ainsi pu être prélevés en vue de leur analyse. Les premières observations ont permis de mettre en évidence une occupation des deux îlets en cours d’étude à la période néo indienne récente (1000-1500) mais aussi à l’époque coloniale (Fin XVIIe –mi XIXe siècle). L’étude du mobilier archéologique en cours permettra d’affiner cette chronologie.

Celui-ci est essentiellement composé de restes de faunes (lambis, ossements de tortue, vertèbres de poisson) de tessons de céramiques amérindiennes ou coloniales de production locale ou importées d’Europe ainsi que de nombreux tessons de bouteilles et dames-jeannes. Le projet s'articule autour de trois étapes : l'étude géomorphologique des îlets, des ramassages de surface du mobilier archéologique dans un but d'échantillonnage et des sondages ciblés afin d'établir la stratigraphie des sites étudiés. Photographies et informations concernant ce projet seront mises en lignes régulièrement. 

Premières observations : Des méthodes d’échantillonnage ont été mises en place dans le cadre de ce projet. Des prélèvements ciblés ou exhaustifs ont été envisagés soit en surface soit dans le cadre de sondages ponctuels. Le mobilier d’époque néo indienne atteste de l’occupation ne serait-ce que temporaire de ces îlets parfois situés assez loin des côtes. Ces premiers résultats, envisagées depuis longtemps par le SRA ou le Drassm, montrent l’intérêt d’envisager des recherches subaquatiques à proximités des sites d’occupation d’époque amérindienne. Le mobilier d’époque coloniale date du XVIIIe et du début du XIXe siècle. 

Il serait à mettre en relation avec l’occupation de ces îlets par des pêcheurs attestée par des recherches en archives. L’étude de la culture matérielle est une source intéressante pour appréhender ces populations. Une question, un intérêt ou une passion : n’hésitez pas à nous contacter.

Le saviez-vous ?

1/ Les îlets du Grand et du Petit Cul-de-Sac Marin de la Guadeloupe étaient occupés aux XVIIIe et XIXe siècles. C'est ce que révèle les recherches en archives réalisées en amont de ce projet mettant en évidence une occupation de l'îlet Caret ou de l'îlet à Colas notamment par des pêcheurs. L'îlet à Fajou possède par ailleurs un four à chaux dont la construction est attestée dans les années 1830.

2/ Les îlets du Grand et du Petit Cul-de-Sac Marin ont été occupés au paravant par les populations amérindiennes. Leur présence est par exemple attestée à l'époque néo indienne récente (1000-1500) par les fouilles réalisés sur l'îlet Gosier ou par les observations réalisées sur les îlets à Cochons ou à Christophe.

3/ L'îlet à Colas situé à proximité de la passe éponyme s'appelait îlet Saint Nicolas au XVIIIe siècle avant de devenir l'îlet à Nicolas puis de porter le nom qu'on lui connaît ...

4/ Un projet de petit phare a un temps été envisagé sur l'îlet à Caret dans les années 1840. Il s'agit d'une initiative de l'habitant de celui-ci qui en échange de la reconnaissance de la propriété de l'îlet y proposait d'y bâtir et entretenir un phare.

5/ Les îlets à Frégate (Petit Cul-de-Sac Marin) ont été mis en vente dans les années 1830. C’est ce que montre une annonce de la Gazette Officielle de la GuadeloupeS’ils ont trouvé acheteur … il faut savoir qu’ils ont depuis disparu (semble-t-il après le passage du cyclone de 1928) et sont désormais des récifs connus sous le nom Frégate de Haut et Frégate de Bas.

6/ Plusieurs phénomènes peuvent être à l’origine de l’érosion des îlets : courants, coups de vent et cyclones mais aussi tremblements de terre par le phénomène de rebond élastique.

7/ Suite au tremblement de terre de 1843 une des préoccupations a été de connaître le sort du Phare de Petite-Terre achevé en 1840 dont le projet remonte à la fin desannées 1820 et qui a été réalisé après plus de 5 années de travaux.